Sapin de Noël PhotoJT

 Alors que l’Epiphanie frappe à la porte, le temps est quasiment venu de ranger au placard décorations de Noël, santons et guirlandes scintillantes à LED, développement durable oblige. En un mot, tout ce qui fait le charme et l’attrait de l’incontournable sapin de Noël. Inutile de se mentir ou de se raconter des histoires : le vrai roi de la Fête, c’est lui.

Je ne reviendrai pas sur la pratique finalement étonnante qui consiste à placer un arbre chez soi pour le décorer, rite païen à n’en pas douter mais revisité désormais à l’aune d’aspirations plus désacralisées. Certes, la dimension spirituelle de ce symbole a pris le large de nos jours au profit de rituels sans âme mais il ne faut pas minimiser pour autant le rôle et la place de ce résineux dans nos vies lorsque décembre arrive. Qu’on aime cette période ou qu’on la déteste, qu’on s’en fasse une joie ou qu’elle nous plonge dans des affres de désespérance, personne ne peut se dire indifférent à Noël.

Je n’aborderai pas ici non plus la question du petit Jésus, de la crèche et des Rois venus des plus lointains horizons, non par crainte de heurter l’éventuelle sensibilité de non-croyants ou encore par application stricte d’un rigorisme étouffant mâtiné de neutralité farouche et de politiquement correct bon teint, mais tout simplement parce que ce n’est pas l’objet de mon propos. Non, je m’en tiendrai ici comme je l’ai dit plus haut à ce seul sapin de Noël qui a enchanté nos jeunes années et qu’on retrouve ensuite à tous les âges de la vie.

Qu’il soit artificiel ou naturel, roturier ou de grande lignée, petit ou grand, majestueux ou rabougri, abondamment fourni ou déplumé, il incarne à lui seul ce moment de grâce où le quotidien semble se mettre en retrait, le temps de laisser resurgir nos rêves d’enfant. Chaque sapin de Noël est à l’image de qui l’a façonné, de qui l’a érigé : il y a les monochromes, bleus ou blancs par exemple, adeptes d’un chic épuré volontairement élitiste et tristement dépendants des effets de mode, les surchargés intemporels croulant sous les boules de toutes sortes et les cheveux d’anges aux reflets dorés, les allusifs, les polémiques ou les thématiques, à l’image de Dark Vador par exemple. La liste serait longue… Pourtant, dans leur diversité ou leurs antagonismes, ils ne sont rien d’autre que ce qu’on veut y voir ou plutôt de ce qu’on veut donner à voir. De nous-même en particulier… Ils sont les ambassadeurs, ils sont l’âme d’une maison, d’un appartement. Ils accueillent et reçoivent, attirant à eux regards curieux  et cadeaux variés, critiques ou quolibets, compliments et félicitations, intérêt ou…indifférence. Où qu’ils se trouvent et quelle que soit leur place, ils sont le centre d’un foyer, ils sont notre manière à tous de revendiquer un attachement à une culture, à une tradition, voire même à des attitudes consuméristes assumées.

C’est un peu tout cela la magie de Noël et le sapin en est la bannière, l’étendard revendiqué.

Mais l’heure est venue d’aborder l’An nouveau, sans nostalgie véritable pour le passé récent. Certains seront remisés dans des cartons vite remontés au grenier ou descendus à la cave, d’autres seront recyclés, d’autres enfin finiront abandonnés sur un trottoir. Sans même un regard de compassion. J’en viens à me demander si je parle d’un arbre ou si je parle de mes semblables… Question de racines, peut-être.

Grandeur et décadence du sapin de Noël