
La nuit est un autre monde. Le négatif de la lumière, l’impossible jour, l’inconnu érigé au rang d’univers parallèle. La surface des façades s’estompe sous nos yeux, les pavés ne luisent plus de la même brillance, entrecoupés qu’ils sont d’innombrables ruisselets qui ouvrent sur des gouffres insondables, ceux de nos peurs et ceux de nos rêves…
Les rues sont désertes, à peine soulignées dans leur tracé par quelques lanternes qui osent braver de leur fragile clarté les ténèbres écrasantes qui nous enveloppent.
La nuit, on l’aime ou on ne l’aime pas mais, de toute manière, quoi qu’on fasse, elle est là. Sans l’être. C’est tout son paradoxe.
Elle inspire, elle rassure, elle fait peur ou désespère. On s’y noie, on s’y fond, on s’y perd. Sans le vouloir, parfois. Ou si, au contraire. C’est un peu tout cela, la nuit…