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Chapitre 10

Un dîner presque parfait (1/2)

"Pendant que Richard prenait sa douche, Victoire dépliait les vêtements rangés tant bien que mal dans leurs deux valises.

— Dépêche-toi, chéri, il va être bientôt l’heure !

Elle reçut pour toute réponse un grognement de protestation, en partie étouffé par le bruit de l’eau qui coule mais suffisamment audible pour qu’elle en perçoive la signification.

— Je crois que j’ai compris, tu n’as pas très envie de manger en bas…

— Il faut dire qu’elle n’est pas très grande sa sala de mangar fit-il en ouvrant d’un coup sec le rideau encore dégoulinant.

— Il y a quelques tables, tout de même…

— Oui, je les ai aperçues en arrivant, mais la pièce n’est pas très vaste.

— Tu préfères manger à l’extérieur ?

— Mission impossible avec cet ours de foire ! Tu l’as entendu avec son accent invraisemblable, la fuite n’est pas permise. J’espère surtout qu’on pourra manger en paix ! Pourvu qu’il nous épargne l’histoire de Couiza depuis les origines jusqu’à nos jours ! Oh, le bestiau quand j’y pense !

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— C’est vrai qu’il est costaud ! Une vraie force de la nature, cet homme !

— Allez, calme tes ardeurs et douche-toi, qu’on puisse descendre ! Quand faut y aller…

Ils ne descendirent qu’un peu après 20 heures 15. Lorsqu’ils arrivèrent au seuil de la salle, il n’y avait plus de table de libre ! Richard se souvint alors de ce que lui avait dit un de ses instituteurs, il y a de cela des dizaines d’années maintenant, un jour où il était arrivé en retard à l’école : “avant l’heure, c’est pas l’heure ; après l’heure, c’est plus l’heure : l’heure, c’est l’heure !”. Exigence frappée au coin du bon sens. Et qui prenait une signification toute particulière aujourd’hui.

— Que fait-on ? murmura Richard à Victoire, un fond d’inquiétude dans la voix.

La sala de mangar comme l’appelait Sigismond Tournebouix ne comportait que sept tables (peut-être une par chambre ?). Deux d’entre elles étaient dépourvues de couverts et d’assiettes, et les cinq autres étaient occupées. Il y avait là un couple de Belges, reconnaissables à leur accent, une table de six personnes occupées à discuter bruyamment, une autre avec un homme seul, de dos, qui lisait un journal, une autre derrière laquelle émergeait la silhouette affaissée d’un vieillard à moitié endormi et la dernière, une table de quatre places, où s’étaient installés deux hommes, assis l’un à côté de l’autre, juste en face d’eux.

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Au bout de la pièce, une paire de fauteuils en rotin tressé recouverts de coussins roses défraîchis masquaient le foyer d’une cheminée traditionnelle dont l’âtre couvert de suie révélait qu’elle servait par temps froid. Il n’y avait aucune fenêtre dans cette pièce, aucune ouverture en dehors de la porte qui y donnait accès, si bien qu’elle était plongée dans une pénombre à peine atténuée par des lampes allumées sur chacune des tables, conférant à l’ensemble une ambiance feutrée et apaisante, bien loin de la lumière du midi qui embrasait de ses derniers feux les rues de la ville.

Une serveuse sans âge, les cheveux tirés en arrière et retenus par ce qui se voulait être un chignon, desservait la table du couple de Belges. Elle était vêtue d’une jupe noire un peu trop courte, d’un chemisier vert clair et d’un gilet boutonné vert foncé, avec le nom de l’hôtel brodé sur le devant. Elle n’avait pas accordé le moindre regard aux nouveaux arrivants qui commençaient à se trouver un peu ridicules, plantés là sans savoir où aller ni quoi faire. Et Sigismond Tournebouix qui n’apparaissait pas !

C’est alors qu’un des deux hommes assis à la table de quatre leur fit signe d’approcher et leur adressa la parole.

— Venez, il n’y a plus de table ce soir ! Installez-vous avec nous, nous commençons seulement !

— C’est gentil à vous mais nous ne voulons pas vous déranger… répondit Richard qui n’attendait qu’une chose : prendre ses jambes à son cou et sortir de là au plus vite !

— Mais vous ne nous dérangez pas le moins du monde ! Je vous en prie, prenez place ! reprit l’homme tout en se levant et en tirant la chaise qui lui faisait face pour que Victoire puisse s’asseoir.

Piégés par cette situation sans échappatoire, ils obtempérèrent.

— Je me présente, Maximilien Lamort-Lecrabe, et voici mon ami et compagnon, Jacques Girafe, dit le plus bavard des deux en désignant de la tête son voisin, lequel se contenta d’incliner la sienne en guise de salut.

Un aboiement fit soudain sursauter Victoire.

— Ah, j’allais oublier, reprit-il, voici Yaourt, le chien de Jacques. Je crois que de notre côté, les présentations sont faites…

Richard et son épouse prirent place comme ils y avaient été invités.

— Vous arrivez ? Vous saurez dorénavant qu’il faut toujours descendre entre 19 heures 30 et 20 heures. Passé ce cap, les tables inoccupées sont desservies ! Je sais, c’est un peu dur mais c’est la règle de la maison. Et vous venez de… ?

— De Paris !

— À la bonne heure, nous aussi ! Nous sommes antiquaires dans le 6e, rue de la Collégiale.

— Richard travaille dans la banque et moi dans l’immobilier, fit Victoire en lissant une mèche de ses cheveux entre ses doigts.

— Alors, vous aussi vous êtes venus chercher le trésor de l’abbé ?... demanda l’homme de but en blanc, en regardant son compagnon avec un sourire entendu.

— Nous passons quelques jours de vacances ici, répondit Richard.

— Allons donc, vous seriez bien les seuls voyageurs de passage à Couiza qui n’aient pas pour dessein de découvrir les richesses perdues de Saunière ! Nous sommes tous ici pour ça !

— Vous aussi ?

— Oh, nous, reprit l’antiquaire, c’est autre chose. Cela fait plus de quarante-quatre ans que Jacques et moi passons nos mois d’été dans les environs, alors… C’est devenu une tradition plus qu’un but. Mais c’est toujours avec le même plaisir que nous faisons la connaissance de nouveaux chercheurs de trésor. Bon, nous aurons tout le temps de parler de cela, tenez, passez commande si vous ne voulez pas mourir de faim dit-il en leur tendant une sorte de papier plié en trois qui faisait office de menu.

— Ces deux-là forment vraiment un drôle de couple, songea Victoire en saisissant la feuille, mais au moins ils sont sympathiques et accueillants !

Autant Maximilien Lamort-Lecrabe était disert, autant Jacques Girafe était silencieux. Le premier avait des allures de séducteur endurci, de baroudeur rangé et établi, les cheveux légèrement gominés et les yeux clairs et perçants. Il ressemblait à l’acteur américain Viggo Mortensen. Pas le personnage d’Aragorn dans la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson mais plutôt celui qu’il jouait dans les Promesses de l’ombre de David Cronenberg. Un dur un peu froid qui ne s’en laisse pas conter et qui vous fait comprendre au premier regard que l’initiative viendra toujours de lui, quelle que soit la situation dans laquelle il se trouve. Une belle gueule, quoi ! Un beau gosse, class mais limite voyou. Rien à voir en tout cas avec Jacques Girafe.

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L’allure de ce dernier contrastait avec celle de son voisin en ce sens qu’il avait un visage plus doux, plus apaisé, les cheveux très courts, le crâne plutôt dégarni, la bouche soulignée d’une moustache et d’un bouc rasés d’assez près, de couleur poivre et sel, les yeux bleus également mais en plus délavés. En un mot, posé et rassurant. Une tête à la Paulo Coelho, l’écrivain bien connu, sur un corps habillé à la Philippe Noiret : pantalon jaune citron, gilet à carreaux, cravate rouge sur chemise bleue et veste marron soulignée de fines rayures avec pochette assortie. Un dandy au look un peu british, plus conforme à l’image qu’on se fait d’un antiquaire de la Capitale.

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— Vous êtes montés au village ?

— Nous en venons, monsieur Lamort-Lecrabe, répondit Victoire.

— Allons, allons, pas de chichis entre nous ! Appelez-moi Max, c’est plus simple et moins anxiogène que ce patronyme que je traîne parfois avec difficulté.

— Bon, comme vous voulez, Max, mais dans ce cas, appelez-moi Victoire !

— Aussitôt dit, aussitôt fait, Victoire…

Le courant semblait très bien passer entre eux deux.

— Nous y sommes allés cet après-midi, reprit-elle.

— Alors, vos impressions ?

— Positives ! Largement positives. Je m’attendais à trouver un piège à touristes et c’est un village plutôt accueillant que nous avons découvert.

— Et vous, Richard ? Vous permettez que je vous appelle Richard ?

— Pas de problème,…Max ! On sentait bien à sa réaction que la familiarité immédiate n’était pas le fort du jeune parisien mais il ne pouvait que s’y résoudre, sauf à s’attirer les foudres de ses “nouveaux amis”.

— Et donc ? Qu’avez-vous pensé de Rennes ?

— Comme l’a dit mon épouse : accueillant…

— C’est tout ?

— Ne faites pas attention à lui, fit-elle sans détour, je l’ai conduit ici un peu contre son gré, alors…

— Mais non, pas du tout ! C’est juste qu’on est un peu fatigués et que je commence à avoir vraiment faim !

— Richard a raison ! s’exclama Max. Allez, faites votre choix.

— Tu prends quoi, toi ? lui demanda-t-elle.

— Si je puis me permettre, Victoire, je vous conseille le velouté de potirons et châtaignes, dés de foie gras et chantilly à la noisette. Servi bien chaud, c’est un délice !

— Ce n’est pas trop lourd au moins ? Surtout pour le soir ?

— Faites-moi confiance ! N’est-ce pas, Jacques ?

— Max a raison, Victoire. Un vrai délice. Sous son aspect un peu bourru, Sigismond est un orfèvre en matière de cuisine. C’est pour cela que vous ne le verrez guère avant la fin du repas : le maître est derrière ses fourneaux…

— Allez, va pour le velouté ! Et toi ?

— Pareil !

— Votre époux n’est pas contrariant… murmura Max avec un clin d’œil que Richard aperçut avec mécontentement.

— Vous connaissez donc Rennes-le-Château depuis plus de quarante ans ? fit-elle pour reprendre une conversation qu’elle anticipait comme riche d’enseignements.

— Quarante-quatre très exactement ! N’est-ce pas, Jacques ! Quarante-quatre années, quarante-quatre étés consacrés à l’abbé et à ses mystères…

— C’est de la persévérance ! dit-elle en hochant la tête avec admiration.

— Ou de l’obstination… souffla Richard, que les précédents échanges avaient quelque peu agacé.

— Non, Richard, vous vous trompez, ce n’est pas de l’obstination. Mettez plutôt cela sur le compte de la curiosité et de l’attrait pour la nouveauté, deux qualités ou deux défauts, c’est selon, qui nous habitent depuis bien longtemps.

— Après quarante-quatre ans, elle ne doit plus être très fraîche la nouveauté !

Victoire lui donna un coup de coude et Jacques Girafe plongea le regard vers son assiette.

— Détrompez-vous, Richard, répondit Max avec lenteur, ces années ont été tout sauf monotones.

— Vous avez connu le village à l’origine ? demanda Victoire avec une attrait que la passion commençait à attiser.

— Les origines, peut-être pas, mais nous y avons mis les pieds pour la première fois, un peu par hasard d’ailleurs, au début des années 60. Cela ne nous rajeunit pas !

— En somme, rien n’a changé… soupira le jeune homme.

— Mon pauvre Richard, si vous saviez comme tout a changé, bien au contraire ! Quand la fièvre du trésor s’est répandue et que les chercheurs ont envahi le village, nous nous sommes tous lancés dans une course folle et joyeuse à la recherche de l’or caché de Saunière. C’était à qui creuserait le trou le plus profond, abattrait un mur ou décrypterait le premier un indice laissé par l’abbé ! Et nous n’étions pas en reste, Jacques et moi ! On en a pelleté des brouettes de terre et de cailloux !

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— Vous étiez nombreux ?

— Chaque jour un peu plus ! On avait même fini par se regrouper en équipes, toutes concurrentes, mais toutes aiguillonnées par la même ambition, le même espoir : retrouver les richesses supposées immenses de Rennes-le- Château ! Et le tout dans une ambiance anarchique et festive qui a constitué en quelque sorte l’âge d’or de cette épopée. Il fallait voir les rues du village à l’époque ! Vous croisiez des chercheurs dans tous les recoins, couverts de poussière et trimbalant les gravats de telle ou telle excavation sauvage ! Une ruée vers l’or sans ordre et sans discipline qui a contrarié peu à peu les habitants de Rennes. Au départ, voir débarquer tous ces olibrius un peu timbrés les a amusés puis, au fil du temps, ils ont commencé à déchanter : les dégâts, les dégradations, les allées et venues incessantes, le bruit, les marteau-piqueurs à toute heure du jour ou de la nuit et même les tirs à la dynamite pour ouvrir encore plus profondément les entrailles déjà caverneuses du village ! Il est vrai que certains chercheurs ont largement dépassé les bornes mais on était tous pris dans une spirale dont il était difficile de sortir. Et c’est donc tout naturellement que l’amusement des autochtones a laissé la place à la lassitude pendant que la curiosité s’est progressivement effacée au profit de la colère. Je les comprends aujourd’hui, il fallait se mettre à leur place… C’est ainsi également que le maire, plutôt acquis à notre cause au départ, a fini par prendre sa fameuse décision du 28 juillet 1965 interdisant les fouilles sur tout le territoire de la commune ! Elles ne se sont pas arrêtées pour autant, elles ont continué plus discrètement, voilà tout !

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— L’époque était quand même plus rustique, ajouta Jacques Girafe. Rien n’a été épargné ! Pas un seul mètre carré du domaine de l’abbé n’y a échappé ! Tout a été poêlé, fouillé, visité…

— Poêlé ? répéta Victoire

— Oui, avec une poêle à frire, reprit-il, un détecteur de métaux, si vous préférez. Je vous concède que les moyens mis en œuvre étaient moins performants qu’ils ne le sont devenus aujourd’hui mais la sincérité et l’authenticité compensaient sans difficulté ce manque de technicité ! Tout a été sondé : la Tour Magdala, le belvédère, les jardins, la chapelle, les escaliers et même l’intégralité des cheminées de la villa. Sans succès cependant.

— La folie qui s’était emparée de nous nous avait fait perdre toute retenue, reprit Max. Certains chercheurs se sont même attaqués au cimetière, creusant ici ou là, déplaçant des pierres tombales, si bien que le maire est intervenu pour restreindre l’accès du champ des morts aux seuls habitants du village. Mais je conserve néanmoins de cette période un souvenir très agréable. J’ai encore en mémoire ces soirées épiques où nous nous retrouvions une fois la nuit tombée à l’Hôtel de la Tour pour exposer nos théories, à défaut de nos trouvailles ! Nous refaisions le monde jusqu’aux premières lueurs du jour avant de retrouver nos pioches, nos pelles, nos seaux et nos burins ! Mon Dieu quelle époque ! Aujourd’hui, tout a changé : il n’y a plus de fouilles, la plupart des chercheurs se sont retirés au profit des touristes et des curieux, les radiesthésistes de tout poil ont quasiment disparu. En résumé, l’ambiance n’est plus la même !

— Et la technique a pris le pas sur l’amateurisme d’antan, ajouta Jacques avec une nostalgie qui faisait presque peine à voir. Adieu la dynamite et l’intuition ! Il n’est plus question de nos jours que de GPS ou de pseudo détecteurs de cavités utilisant les ondes électromagnétiques à haute fréquence…

— Je dois dire que je partage les états d’âme de Jacques, soupira Max. Il fallait les voir déambuler dans les rues ou dans la campagne environnante tous ces illuminés munis de cartes d’état-major surchargées d’annotations et de savants calculs, poussés par une trigonométrie de bazar aux triangulations aussi hasardeuses qu’improbables.

— Tout ça n’a peut-être pas complètement disparu, osa Victoire, car nombreux sont les sites sur Internet où j’ai lu d’innombrables hypothèses du même genre.

— C’est vrai, c’est vrai, fit Max, mais les chercheurs de trésors creusant des trous ont bel et bien cédé la place à des Sherlock Holmes de pacotille ! Autre temps, autres mœurs, comme disait l’antique… Le fin mot de l’histoire, c’est un habitant de Rennes-le-Château qui me l’a confié un jour : “Le secret du curé aux milliards est au fond d’une tombe !

— Laquelle ? interrogea la jeune femme.

— Ça, ma pauvre Victoire, il s’est bien gardé de me le révéler… Et c’est pour cela que nous sommes encore là aujourd’hui. Mais vous, au fait, vous ne nous avez pas raconté comment vous aviez fait connaissance avec ce cher Bérenger ?

Richard allait commencer à répondre quand elle lui asséna un violent coup de genoux doublé d’un geste plus discret, l’un comme l’autre l’enjoignant très clairement de se taire.

— Disons, heu… que…

— La télévision ? Des livres ?

— Oui, c’est ça ! s’exclama Victoire avec soulagement. Un peu tout ça à la fois…

— Tenez, voilà vos plats qui arrivent ! dit Jacques.

Cette irruption gastronomique tant attendue venait mettre un terme à point nommé à une situation que Victoire jugeait embarrassante. Bien que les deux hommes fussent sympathiques et agréables et qu’ils connussent de À à Z tout ce qu’il y avait à savoir sur l’histoire de Rennes-le- Château, elle trouvait néanmoins inopportun ou prématuré de leur parler de la carte de l’abbé et de ses liens familiaux avec Richard.

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Les antiquaires n’avaient pas menti : les époux Louvrier se régalèrent en découvrant une cuisine moins traditionnelle qu’ils ne le croyaient et surtout beaucoup plus fine et inventive. Quand ils eurent terminé, Richard, s’adressant plus particulièrement à Max, réorienta la conversation sur ses premiers développements.

— Victoire a un peu travaillé le sujet avant de venir, ce qui n’est pas mon cas, je le reconnais bien volontiers. Mais à force de vous entendre parler depuis tout à l’heure, je me pose une question.

— Allez-y, dit Max, j’écoute…

— Comment toute cette histoire de trésor caché est-elle née ?

— Elle n’a pas émergé tout de suite, ça c’est sûr ! En deux mots, l’abbé Saunière meurt en 1917, léguant à sa bonne, Marie Denarnaud, tous ses biens. Je dis ses biens et non sa fortune car les dernières années de Bérenger sont marquées par de vraies difficultés financières.

— Mais pourquoi, s’il était possesseur d’un trésor ? l’interrompit Richard.

— C’est là toute la question ! Il semble qu’il n’ait plus eu accès à cette manne providentielle sur la fin de sa vie. Pour quelle raison ? Nous n’en savons rien. Toujours est-il que Marie hérite du domaine et qu’elle s’attache tant bien que mal à le préserver du mieux qu’elle peut. Les années passent et les difficultés pécuniaires liées à l’entretien des jardins et des bâtiments deviennent telles qu’elle se décide alors à vendre. Elle n’y parvient pas faute d’acheteurs sérieux et se résout à proposer le tout en viager moyennant une rente modeste. C’est là qu’intervient Noël Corbu.

— J’ai vu souvent ce nom, confirma Victoire.

— C’est normal, c’est un personnage essentiel de l’histoire moderne de Rennes. C’est par lui que tout a commencé."

à suivre...

 

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